"Si Jésus veut que l'on continue de compter le temps à son nom, qu'il descende du ciel me le demander"
~Un Patriarche de la Guilde des Archivistes
"La boue jusqu'aux genoux, cachés dans des trous gelés, nous nous étions empêtré dans une guerre de positions qui ne semblait pas trouver de fin"
~Un Rêveur racontant la bataille de la ligne rouge
"On peut difficilement déclarer blanche une paix sur autant de morts,... Mais va pour la paix"
~Caddaric Aubelune, Empereur des Celtes
"Cette paix ne signifiera pas la fin des combats pour très longtemps et aucun traité ne pourra jamais ôter l’ambition du cœur des hommes"
~Sitisis Djin, Reine d'Hachram
" Le seul véritable ennemi de l'EQUI, c'est le Conflit."
~Un érudit de la guilde des Archivistes

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Le sort de l'île de Malte

le Dim 11 Fév - 17:10
Un silence pesait dans la salle du trône. Le messager qui venait d'arriver n'était toujours pas habitué à venir au palais, intimidé, il n'osait même plus bouger de sa position. Tout le monde attendait une réaction de la part de la Reine qui lisait le rapport qu'elle venait de recevoir. Celui-ci confirmait les rumeurs qui circulaient depuis un moment, les familles de rêveurs qui vivaient sur la petite île de Malte s'étaient finalement rangées derrière un souverain. Le rapport ne faisait pas mention de la stabilité politique de cette union, donc rien ne pouvait indiquer si ces changements allaient durer ou non.

Sans un mot, Sitisis remit le rapport à un conseiller qui s'empressa de lire son contenu. Se rendant alors compte que le messager était toujours là, attendant patiemment d'être congédié, elle sourit légèrement.

- Merci d’avoir fait aussi vite, tu peux t’en aller.

Ce dernier la salua respectueusement une dernière fois avant de s’éclisper rapidement. Dès qu’il eut fermé la porte, le conseiller qui tenait le rapport rompit le silence.

- Après 500 ans de conflits, voilà qu’ils sont d’un seul coup d’accords pour choisir un souverain. Le Grand-Duc de Tunisie s’inquiète et c’est compréhensible, il va falloir tuer cette initiative dans l’œuf. Il ne faudrait pas que cela donne des idées aux autres territoires libres.


- Vous n’en faîtes pas un peu trop ? Je vous rappelle que Malte n’est qu’une infime parcelle de terre cernée par la mer, ils n’ont pas les hommes pour inquiéter qui que ce soit. Des royaumes se forment et se brisent régulièrement, il ne faudrait pas se montrer violent, cela ne serait qu’un signe de faiblesse. Ce qui m’inquiète par contre, c’est l’Empire Celte qui ne s’est toujours pas manifesté. S’il fait du nouveau souverain un de ses vassaux, cela diminuera notre influence en Méditerranée.

Si cela faisait un moment que son royaume n’avait pas été en guerre officielle contre l’Empire Celte, une guerre officieuse d’influence avait toujours eu lieu et leur proximité géographique les contraignait à continuer. Ainsi Malte devenait à son tour un symbole de cet affrontement politique. Sitisis se leva alors brusquement de son trône, provoquant une réaction imméditament dans sa garde personnelle qui se rapprocha instinctivement.

- Faites envoyer un message à La Valette, je vais y aller en personne. Préparez le voyage, nous partons demain. S’ils ne répondent pas à notre message ou s’ils refusent, préparez l’armée. Envoyez également un message à l’Empereur Celte pour l’informer de notre visite, autant qu’il soit présent, cela évitera des malentendus.


N’attendant pas de réponse à ces ordres, Sitisis fit un léger signe à sa garde avant de retourner dans ses quartiers. Elle était contente de pouvoir enfin visiter l’île de Malte. Il allait pourtant lui falloir pas mal de préparation. Une visite officielle comme celle-ci, surtout avec la potentielle présence de l’Empereur celte, ne pouvait être prise à la légère. Cependant la seule chose qu’elle redoutait était les températures hivernales qui l’attendaient. Si le climat de l’île de Malte n’était pas réputé pour ses basses températures, tout ce qui se trouvait au nord de l’Egypte avait tendance à se montrer trop froid pour la reine.

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Re: Le sort de l'île de Malte

le Mer 14 Mar - 16:04
Le cauchemar, terroir et inspiration de la dépression, est bien capable de faire sentir à un homme tous les tourments qui l'habitent. Tous ne se rappellent pas ce qu'ils voient dans leur sommeil, mais il y en a pour qui se rappeler est une fatalité. Le rêve, ses mécanismes, ses raisons, ont de multiples suppositions, mais pour celui qui le vit la réponse paraîtra inextricablement imbriquée dans les méandres d'une mémoire, qui se refuse farouchement à sombrer dans le passé. La réalité n'y est pas si absente, tant les sensations y paraissent saisissantes. On vit un rêve, on vit son cauchemar, au moins le temps qu'il dure. Le rêve est sans fait, aux multiples interprétations, le rêve et son cauchemar, le rêve est son cauchemar. Le rêve est à la lumière ce que le cauchemar est à la nuit. C'est là que l'absurde et que le chaos font loi, comme l'existence à de ça qu'elle est si périssable, le cauchemar n'éprouve sa fin qu'au moment du réveil. Là, pour peu que la mémoire fut imprégnée des horreurs nocturnes, cette version onirique de soi tend vers une drôle de question ; cette nuit, qu'est-ce qui a vécu, n'est-ce pas mon âme, qui s'est mu ?

Les nuits de Caddaric étaient mouvementées. Un peu trop pour lui. Il se réveillait bien souvent en sueur, lui qui depuis quelque temps maintenant semblait vide, dépecé de sa créativité, de toute passion, devait pourtant éprouver des nuits à faire frémir les adorateurs d'histoires d'épouvante. Sa vie intérieure était plus bouillonnante que son paraître, mais de cela, rare ceux qui en eurent conscience. À chaque nuit une nouvelle femme l'accompagnait, pour ses besoins primaires, pour passer le temps, parce qu'il ne pouvait pas dormir seul. Généralement des femmes issues de sa garde personnelle des Furies tant qu'à faire. Des Sombres comme lui, de nature elfique, mais éprouvant la dévotion à Khain, un Dieu meurtrier qu'il se figurait de mieux en mieux connaître. Celle-ci, normalement chargée de le surveiller et de le protéger, ne fut pourtant pas réveillé par la porte de la chambre qui claquait. Le jour pas encore levé, pour qu'on ose le réveiller, cela devait être urgent. Caddaric sortit du lit, nu comme un enfant, et ouvrit sans gêne la porte à double battant.

Derrière celle-ci, il trouvait une femme, une humaine cette fois. Candidate pour la gestion de la trésorerie Impériale normalement réservée à l'impératrice. Mais l'impératrice n'étant plus depuis quelques années maintenant, l'on pouvait dire que la jeune femme occupait la fonction sans en avoir le titre. Ancienne nourrice des filles de l'Empereur, jusqu'à ce qu'elle fût remplacée pour les plus jeunes, elle côtoyait souvent et depuis longtemps Caddaric et ne semblait pas être spécialement étonnée de le trouver ainsi. Elle brandit un papier, sans vraiment s'attarder sur les attributs royaux... Caddaric avait une mauvaise mine, mais il était toujours alerte et ne se fit pas attendre.
-Bonne ou mauvaise ?
-Je ne saurais vous le dire Sire. La Reine d'Hachram vous convie sur Malte.
-Malte ? Bon entre.

L'Empereur se dirigea vers le petit salon, où il servit à boire à la demoiselle, et à lui-même. Un verre d'alcool alors que le soleil n'était pas levé n'était pas du goût de son invitée, mais il était difficile de refuser un verre de l'Empereur. Il ne prit pas la peine de s'habiller et se contenta de s'asseoir pour en apprendre plus.
-Pourquoi la Reine voudrait me voir sur ce rocher ?
-Malte semble s'unifier sous une bannière. À dire vrai votre conseil vous en dirait davantage que moi. Je ne porte que le message officiel. Elle vous invite à une rencontre sur cette île.
-Elle craint sans doute qu'une force indépendante au milieu de la Méditerranée puisse menacer ses côtes.
-Pas vous Sire ?
-Un foutu rocher au milieu de la mer ? L'armée Impériale le balayerait en quelques heures. Qu'est-ce que je peux bien avoir à foutre de ça ? Je suis certain que Tunis met la pression  à la reine pour qu'elle intervienne. Les côtes Siciliennes ne sont pas menacées par cette île. Mais la Reine doit craindre aussi que je m'en empare pour avoir une base d'invasion encore plus proche.
-Vous ne comptez donc pas vous opposez à une conquête de celle-ci ?
-La paix est à peine faite, j'ai Sacreblanc à l'est qui taille ses crocs et le Danemark au nord qui fout la merde au point de causer un exode.
-Ce n'est pas Churchill qui considérait Malte comme un insubmersible porte-avions méditerranéen ?
-Il est mort y'a plus de 2000 ans, et les flottes aérienne de nos jours hein.
-Vous n'allez donc pas vous y rendre ?
-Si, mais pas pour écraser gratuitement ces péquenots qui hurlent l'indépendance. Un drapeau maltais sur la mer ce serait ridicule. En revanche j'aurai peut-être un coup à jouer avec la reine.
-Vous pensez qu'elle sera coopérative ?
-Si ce que j'ai à proposer lui convient. Tous les humanoïdes sont les mêmes, c'est une question d'intérêt et rien d'autres. Finit-il en même temps que son verre.
-Je dois donc faire transmettre une réponse favorable ?
-Oui, demande à l'intendance de répondre, avec les formules d'usages et de politesse. Tout le blabla diplomatique habituel.
-Vous devriez peut-être l'écrire vous-même. Elle pourrait s'offenser.
-C'est une reine qui se prend pour une déesse vivante. La mortalité elle-même est une offense pour elle... Et je dois préparer ma garnison. Je ne vais pas me rendre seul là-bas.
-Débarquez avec des troupes peut-être interprété comme un acte de guerre.
-Alors faite savoir que ces troupes ne sont pas destinées à Hachram.
-Et Malte ?
-Malte s'écrasera, ou je l'écraserais. Cela fera un beau cadeau diplomatique à Hachram.

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Re: Le sort de l'île de Malte

le Ven 16 Mar - 17:43

La nuit fut particulièrement agréable à Sitisis. S'il était difficile de dire quelle en était la cause entre la douceur du climat hivernal éthiopien et la réponse positive de l'empereur celte à sa missive, il était certain qu’elle fut motivée à partir le lendemain. Lorsqu’elle apprit que Malte avait pris la peine de répondre à la missive pendant la nuit, elle n’en fut que plus déterminée, avant même d’avoir pris la peine d’en connaître sa teneur. Comme elle s’y attendait, l’île de Malte avait répondu positivement, et ce, malgré le message évident qui se cachait derrière sa requête. Même si cela n’était en aucun cas son plan depuis le début, la reine d’Hachram ne pouvait qu’apprécier la fin de la Guerre des mille Royaumes qui permettait aux plus grandes puissances de réduire considérablement le nombre de fronts qu’ils avaient à mener, augmentant par la même occasion la puissance qu’ils étaient capables de déverser sur le moindre petit problème.

Evidemment, la fille d’Isis avait basé une bonne partie de son image publique sur ses promesses de paix et participer à une guerre publique contre un ennemi qui n’inquiétait personne risquait de déplaire au peuple. Heureusement pour elle, la présence de l’Empereur à la rencontre pouvait lui permettre d’agir à sa guise sans craindre trop de répercussions, mais elle savait bien que pour cela, elle allait devoir faire une démonstration particulièrement agile de ses talents de politicienne. Elle avait également conscience de la loyauté absolue de son armée personnelle, capable d’éliminer des témoins trop gênants sans jamais faire fuiter des informations à la presse.

La fameuse liberté de la presse, remise en activité peu de temps après la prise de pouvoir de Sitisis après avoir été interdite depuis son aïeul. Le peuple en était friand, ravi de découvrir chaque jour leur lot d’informations parfaitement sélectionnées par les entreprises les publiant, entreprises dont les décisions provenaient de leurs actionnaires composés majoritairement par la haute bourgeoisie. Malheureusement, cette dernière n’était pas constamment en accord avec la version officielle de la couronne. Les intérêts économiques et politiques de chacun dessinaient les grandes lignes de communication des principaux médias, tandis que le peuple avait la liberté qui leur était si chère de pouvoir choisir quelle source d’endoctrinement ils utilisaient. Sitisis s’amusait de voir le peu d’efforts qu’il était nécessaire de faire pour insuffler une idée dans l’esprit des gens, mais elle subissait tout autant la fragilité de celui-ci en étant constamment obligée de prendre des précautions. Heureusement pour elle, les moyens financiers dont elle disposait étaient impressionnants et elle ne manquait pas de verser un salaire à de nombreux journalistes travaillant pour des compagnies concurrentes pour garder un œil sur leurs activités.

Le voyage à Malte faisait partie des évènements qui ne pouvaient être cachés à la population, sauf dans le cas d’un départ nocturne à effectif réduit, mais ce n’était pas dans les habitudes de la Reine. Le porte-parole officiel de la couronne expliqua donc qu’une visite officielle avait été organisée dans le but de nouer des relations diplomatiques pacifiques avec le nouveau souverain de l’île de Malte. Si ce n’était pas suffisant pour convaincre la bourgeoisie du bien fondée de cette visite, ça l’était largement pour le commun de ses ouailles. Pour les rassurer d’autant plus, elle pouvait compter sur un des journalistes employés par la Compagnie Royale qui sera chargé de faire un article dont le contenu sera vérifié par la couronne. Sa version des faits sera différente de celle du porte-parole, légèrement moins glorifiante pour la Reine. C’était courant et assez efficace, faire fuiter des informations gênantes, mais non compromettantes permettait de satisfaire les citoyens ne faisant pas confiance au gouvernement. Sitisis avait découvert une étude de cette méthode dans un vieux livre de politique et avait créé une branche dans sa compagnie uniquement dans cet objectif.

De plus, il était courant pour Sitisis d’emmener une poignée de conseillers et d’officiels lors de ses visites. Si certains souverains s’en passaient par soucis d’égo, pensant probablement qu’ils n’avaient pas besoin d’aide pour gouverner, la reine d’Hachram n’était pas de ceux-là. Elle se savait parfaitement incapable de retenir l’ensemble des subtilités géopolitiques et économiques de chaque région du monde et, de toutes façons, l’envie de tout apprendre ne s’était jamais fait ressentir. Tout comme la Reine, ces invités étaient généralement accompagnés de quelques employés de la couronne, chargés de s’assurer de bien-être du convoi.

Enfin, la délégation était bien entendu encadrée par la garde personnelle de la Reine. Celle-ci était généralement composée de sa garde rapprochée et d’une poignée de membre de chacune de ses autres divisions. Ce n’était pas son habitude de faire la démonstration de sa puissance militaire en voyage diplomatique. Ce voyage n’allait pas faire exception, elle ne pouvait pas emporter l’ensemble de son armée si l’objectif affiché était d’ouvrir un dialogue pacifique.

La délégation prit la route en fin de matinée, utilisant les services des portails de téléportation pour se rendre tout d’abord en Tunisie où elle fut accueillie par le Grand-Duc local. Ce dernier les rejoignit alors pour un voyage en mer  en direction de l’île de Malte. Trois navires furent mis à leur disposition, le plus majestueux était destiné au transport de la Reine, du Grand-Duc, du grand conseiller royal et de la garde rapprochée des trois. Si la force navale tunisienne n’était pas particulièrement exceptionnelle, elle n’était pas sans reste et le navire personnel du Grand-Duc était impressionnant. Sitisis le savait bien et c’était la raison principale pour laquelle elle n’avait pas exigé d’utiliser son propre navire, avec évidement le soucis logistique que cela aurait entrainé. Les deux autres navires l’étaient bien moins, sans être misérables non plus et contenaient le reste de la délégation.

Au bout de plusieurs heures de voyage tranquille sur la Méditerranée, le convoi atteignit les côtes de l’île de Malte, au port de La Valette. Le comité d’accueil présent au port leur fit rapidement comprendre que leur arrivée avait été anticipée malgré l’absence d’un horaire défini pour celle-ci. Cela réjouit Sitisis qui adorait être accueillie comme son rang l’exigeait.

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Re: Le sort de l'île de Malte

le Ven 16 Mar - 18:36
Dès le lendemain Caddaric s'organisa une petite réunion avec son conseil d'état. Les réunions étaient fréquentes, mais celle-ci était tout à fait exceptionnelle. Tous les porte-feuilles étaient présents, ou presque, puisque le Patriarche Suprême était absent et que la Chancelière du Trésor Impérial n'était toujours pas remplacée. La question du jour était importante, car l'Empereur avait une idée très claire de ses intentions, cependant il n'était pas certain d'avoir l'approbation de son conseil et il savait que déployer la totalité de l'armée de Massalia serait certainement dommageable aux yeux du Prime-Etat.
C'est avec assurance, qu'il annonçait son plan quant à la question épineuse du sort de l'île de Malte. Il avait dans la matinée recueillit le maximum d'information à disposition sur la situation. Son Archichancelier Impérial (Général des espions impériaux et de ses services secrets en somme), n'avait pas autant d'information qu'il l'aurait souhaité, mais suffisamment pour prendre une décision lourde de conséquence. L'Empereur souhaitait ni plus ni moins débarquer avec l'armée de Massalia sous couvert diplomatique, s'entendre avec la Reine d'Hachram et annexer l'île pour l'offrir à Hachram. Une politique très agressive que son conseil n'appréciait pas.

Caddaric ne pouvait pas mobiliser d'autres forces que les siennes, il le savait, la noblesse et le Prime-Etat ne permettrait pas, mais les forces de Massalia demeurait sous son commandement direct, et elles lui paraissaient plus que suffisante pour écraser Malte très rapidement. Les navires n'auraient pas besoin d'être armés puisqu'il viendrait, et ce publiquement et officiellement, pour répondre à l'invitation de Sitisis Reine d'Hachram. Le débarquement serait donc sans risque. Bien sûr, le plan ne serait mis en oeuvre que si les négociations avec la reine s’avéreraient positives et qu'elle lui donnerait son soutien dans sa campagne contre le Danemark. Car Malte, qui lui paraissait si dérisoire, n'était bien pour l'Empereur qu'un objet de troc, pour régler le problème beaucoup plus sérieux du Danemark dont la situation était enlisé depuis maintenant des années. Un héritage de son père dont il se serait bien passé.

Il y'en avait encore pour douter de la reine, on craignait l'assassinat de l'Empereur en réalité, car l'on supposait que la famille royale d'Hachram conservait ses accointances avec les Faucheuses. Que cela fut vrai ou non, avec l'armée et sa garde personnelle, Caddaric ne fit aucun cas de ces réticences. L'entêtement aurait raison des doutes de son conseil quoi qu'il advienne, mais cela n'empêchait pas son premier Maréchal d'envoyer plusieurs navires de reconnaissances vers les côtes Maltaise pour s'assurer qu'aucun mauvais coups ne fut organisé par Hachram ou Malte. L'armée débarquerait sur Victoria, tandis que l'Empereur, son cortège de suivant et bien sûr sa garde des Furies avec sa Garde Noir débarquerait au port de la Valette. Une démonstration de puissance usuelle et quasi protocolaire pour l'Empereur, ça allait de soi...

Officiellement, que ce soit pour le reste du monde, le petit peuple ou la noblesse et la Triun, ce serait une visite diplomatique sans conséquence pour la politique Impériale. En somme Caddaric tentait une nouvelle fois de couper l'herbe sous les pieds du Prime-Etat. Ne proclamant aucun édit Impérial et cherchant l'appui d'un allié de choix contre la rébellion danoise, il se figurait recevoir rapidement un pardon pour ce petit écart de conduite. D'ailleurs, quand son Grand Chambellan du Sceau émit des doutes, l'Empereur n'hésitait pas à répondre ; "Le Bulletin officiel du palais parlera d'une rencontre entre une reine et un Empereur pour souhaiter la longue vie à un roi, connaissant mon penchant pour les femmes et la beauté légendaire de Sitisis, les Tribuns se figureront plus une tentative de conquête charnelle que territoriale"
Les cieux savaient d'ailleurs combien le conseil d'état craignait cette éventualité, même si aucun des conseillers n'en fit part à son altesse...

Le cortège militaire qui débarquerait du côté de Victoria serait présent officiellement pour "saisir l'occasion d'un entrainement en haute montagne". En réalité il paraissait bien difficile de gober une telle supercherie, cependant, que l'Empereur se présente si loin de ses troupes au risque d'être prit en otage suffisait selon ses plans à faire taire les suspicions. L'Empereur pour l'occasion se fit vêtir de sa plus belle armure de parade, l'épée à la ceinture car la tradition Aubelune l'exigeait et ses gardes à ses côtés pour le protéger lui et ses proches, notamment son premier Maréchal, et son Grand Chambellan du Sceau qui devaient l'accompagner pour cette occasion.

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Re: Le sort de l'île de Malte

le Jeu 29 Mar - 12:42
 
- Vous pensez réellement que l’Empereur sera disposé à écouter nos requêtes ? Et ce nouveau suzerain de Malte, il n’a pas dû réussir facilement à rallier l’île, qu’est-ce qui nous garantit qu’il va abandonner son pouvoir sans rien dire ?

Le grand conseiller royal se tenait aux côtés de la Reine et observait la ville de La Valette tandis que leur navire s’amarrait tranquillement. Il était le seul dans l’entourage de la Reine à remettre constamment en cause ses décisions et à la contredire lorsqu’il le pensait nécessaire. Cela ne venait pas de sa proximité avec la Reine ou même d’un quelconque manque de respect envers sa souveraine, il s’agissait juste de l’obligation qui accompagnait ce poste. S’il n’avait d’autres choix que de la soutenir dans ses décisions et de l’aider à réussir ses entreprises, son poste lui permettait de dire en permanence ce qu’il pensait sans craindre d’être sanctionné.

- S’il n’était pas disposé à m’écouter, il n’aurait probablement pas accepté de venir. Sa situation n’est pas enviable pour le moment et il n’est pas vraiment en position pour affronter Hachram, donc on peut probablement exclure la possibilité qu’il n’ait accepté que pour m’insulter. Quant au nouveau suzerain de Malte, il pliera quoi qu’il advienne, mais il est possible qu’il tente de nous exécuter pendant notre visite. Après tout, s’il réussissait à éliminer les souverains des deux grands royaumes qui l’entoure, il serait tranquille pendant un moment.


- Il ne serait pas tranquille bien longtemps, je connais mes fils, ils n’attendraient pas avant de venir piller l’île. J’ai dû demander à des gardes de les empêcher de me suivre, ils sont trop pressés de goûter à la guerre. Ils étaient encore jeune lorsque la grande guerre s’est terminée.

Sitisis adressa alors un sourire au Grand-duc de Tunisie, elle n’était que trop bien au courant de la fougue des jeunes qui étaient peu nombreux à partager les idées pacifistes de leurs aïeux. La plupart des enfants de noble avaient été éduqués pour gouverner en temps de guerre et commençaient à se rendre compte qu’avec la paix, leurs rêves de batailles étaient restreints par les traités de paix. Les soldats de profession avaient toujours des combats à mener, mais le contexte et les enjeux avaient changé.

Lorsque les trois navires eurent terminés leur amarrage, Sitisis fut la première à avancer vers la terre ferme, question de protocole. Accompagnée par ses quatre protecteurs, elle se dirigea directement vers le comité d’accueil, suivie de près par le Grand-Duc de Tunisie, le grand conseiller royal et leurs gardes.

- Soyez la bienvenue ô Reine d’Hachram ! Vous honorez notre île de votre présence, j’espère que votre voyage c’est bien passé.


Se contentant de sourire, Sitisis continua de marcher en direction de l’individu qui l’avait abordée. Elle ne savait pas s’il s’agissait de la personne qu’elle était venue rencontrer puisqu’elle n’avait pas reçu d’information sur son apparence. De toutes façons, qu’il s’agisse de lui ou pas, elle n’était pas du genre à adresser la parole à quelqu’un qui ne s’était pas présenté.

- Je vois que le Grand-Duc de Tunisie vous accompagne, c’est d’autant plus d’honneur. Il ne manque plus que l’Empereur et nous pourrons commencer, mais avant toute chose, laissez-moi me présenter. Je suis le Seigneur Owen de la maison Bonnici, garante de la gestion de La Valette depuis 1200 ans et depuis peu, dirigeante de l’île de Malte.

- L’honneur de cette rencontre est partagé et je ne peux que vous remercier d’agréer à nous recevoir dans votre domaine. C’est la première fois que j’ai l’occasion de fouler le sol de cette île majestueuse et je sens que je risque d’y prendre goût.


Owen Bonnici s’approcha alors de la Reine pour la saluer plus personnellement et chaleureusement. Il n’eut cependant pas l’occasion d’avancer bien longtemps avant que la garde rapprochée réagit. Les deux gardes devant Sitisis croisèrent leur sceptres devant elle pour indiquer à l’étranger qu’il n’allait pas pouvoir avancer plus loin.

- Mes gardes sont trop méfiants envers les étrangers et je pourrais bien leur dire de s’écarter, mais ils ne risquent pas de m’écouter.


La remarque de Sitisis fit aussitôt sourire son conseiller, seule personne présente à également savoir que les gardes divins étaient sourds. Il s’approcha alors du Seigneur local en lui tendant la main.

- Je suis le grand conseiller royal d’Hachram, Abel d’Alexandrie, heureux de faire votre connaissance mon Seigneur. J’ai entendu beaucoup de bien de ….

Un son de cloche retentissant coupa alors Abel dans son élan, voyant qu’il avait perdu l’attention de tout le monde, il se retourna et aperçu comme tous les autres un grand navire à l’horizon. Nul doute, il s’agissait de l’Empereur.

Owen coupa alors l’inertie que la cloche avait posée en serrant la main du conseiller et en reprenant la parole.

- Vous n’aurez pas à attendre bien longtemps apparemment, les grands souverains semblent avoir un bon sens du timing.

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Re: Le sort de l'île de Malte

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