"Si Jésus veut que l'on continue de compter le temps à son nom, qu'il descende du ciel me le demander"
~Un Patriarche de la Guilde des Archivistes
"La boue jusqu'aux genoux, cachés dans des trous gelés, nous nous étions empêtré dans une guerre de positions qui ne semblait pas trouver de fin"
~Un Rêveur racontant la bataille de la ligne rouge
"On peut difficilement déclarer blanche une paix sur autant de morts,... Mais va pour la paix"
~Caddaric Aubelune, Empereur des Celtes
"Cette paix ne signifiera pas la fin des combats pour très longtemps et aucun traité ne pourra jamais ôter l’ambition du cœur des hommes"
~Sitisis Djin, Reine d'Hachram
" Le seul véritable ennemi de l'EQUI, c'est le Conflit."
~Un érudit de la guilde des Archivistes

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Citation : "Laissez-les s'entretuer, celui qui survivra aura alors mérité notre attention."
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Sitisis Djin

le Lun 22 Jan - 3:45


Fiche Présentation de Sitisis Djin

"Laissez-les s'entretuer, celui qui survivra aura alors mérité notre attention."
Le Personnage


Nom(s) : Djin

Prénom(s) : Sitisis

Age : 30 ans

Origine : Egypte puis Addis-Adeba

Avatar : Isis (Tomb Raider) par Tholiaart 

Métier : Tous.

Groupe désiré : Royaume d'Hachram

Officiel : Oui

Faction : Nope.

Le Joueur


Comment avez-vous découvert le forum ? : Correctement.

Avez vous l'habitude des forums rp ? : Indubitablement.

Age : Oui.

Des suggestions ? Je ne suis pas contre.
Descriptions


Quiconque ayant eu la chance de croiser Sitisis vous le confirmera, il est presque aussi compliqué d’ignorer l’aura qu’elle dégage que de l’approcher sans s’attirer les foudres de sa garde rapprochée. Si la jeune femme ne manque aucunement de charisme ou de charme, il serait trop réducteur de définir cette aura par ces seuls attributs. Il s’agirait plutôt d’un équilibre subtil qu’elle fut contrainte d’apprendre et dont elle affina la maîtrise au fil des années. Ayant été une princesse avant de devenir Reine, chacune de ses apparitions publiques furent préparées et organisées. Comme toutes les femmes de son envergure, elle apprit à ses dépens que la moindre faute vestimentaire ou d’étiquette pouvait lui valoir des mois de remarques désobligeantes. Alors elle apprit à se conduire à la perfection, à choisir les mots qu’il fallait, à effectuer les gestes qui convenaient et à porter les bijoux qui plaisaient. Ce qui n’était qu’un des inconvénients de son statut devint cependant un jeu avec le temps. Lorsqu’elle comprit que toutes ces obligations venaient de la superficialité du peuple, elle réalisa qu’elle pouvait s’en servir à sa guise tant qu’elle acceptait de jouer. De plus, son amour des arts lui rend la tâche plus intéressante puisqu’elle n’hésite pas à faire appel aux plus grands artistes pour porter leurs créations.

Sitisis ne sort presque jamais de son rôle de Reine et il est ainsi assez rare de la voir agir plus naturellement, même les personnes qui lui sont le plus proche savent que tout son être révolutionne autour de cela. Avec l’éducation qu’elle a eu, tout tourne autour de la culture du paraître, chaque jour en présence d’autrui est donc un spectacle qu’elle se doit d’entretenir. Bijoux et vêtements de luxe ne sont chez elle qu’une extension naturelle de son être, elle fait ainsi preuve du même raffinement en musique, en danse ou tout autre art qui viendrait piquer sa curiosité.

Physiquement, la reine n’a rien de sortant de l’ordinaire, sa beauté, bien qu’indéniable, n’est pas particulièrement frappante et sa condition physique n’égale aucunement celle de ses soldats. Elle possède bien une musculature légèrement visible reflétant ses longues heures passées à s’entraîner, mais elle serait bien incapable de courir un marathon ou de combattre sans son flux.


Background


Contexte Familiale :
ici

I - Naissance :

Il était une fois, vivait un roi assez particulier. Celui-ci se nommait Khâba Djin et dirigeait le royaume d’Hachram. Le pauvre homme n’avait jamais réussi à se faire des amis et ses seules sources de compagnie étaient sa mère et ses conseillers. Il avait beau faire tout ce que lui demandait sa mère, ses exploits n’arrivaient pas à combler les autres. Il n’arrivait jamais à profiter de son statut de roi et personne ne semblait l’apprécier. Le peuple du royaume et les maisons mineures ne cachaient pas leur mécontentement. Las de ses échecs et de l’opinion du peuple à son sujet, il s’isola peu à peu des autres et devint aigri et cynique.

Il savait que son poste nécessitait de sa part d’être capable de gérer son royaume, mais également de faire perdurer le règne de la famille royale. Malheureusement pour lui, pour cela, il n’avait pas le choix et se devait d’enfanter. Le sang de la famille royale se devait de rester pure et notre jeune roi ne comptait pas rompre avec les traditions. Pauvre de lui, il n’était pas marié et il ne souhaitait aucunement se lier à qui que ce soit. Il savait que les gens ne l’aimaient pas et avait fini par ne plus aimer les autres. Seulement, le problème était vraiment important pour lui, sa mère insistait constamment pour qu’il prenne cette affaire au sérieux. Cependant, il ne pouvait se permettre d’échapper aux règles, par pour son héritier. Son héritier se devait d’être de son sang, né de sa femme.

Lors d’un du pèlerinage annuel aux pyramides de Gizeh, il se rendit donc seul dans un temple d’Isis pour prier la Déesse Mère et trouver une solution. Quelques heures plus tard, des cris d’enfant se mirent à se faire entendre, les gardes royaux et le groupe accompagnant le roi lors de son pèlerinage se dirigèrent directement à l’intérieur pour chercher l’origine de ces cris. Tous purent alors apercevoir le roi au sol, tenant une jolie petite fille dans les bras. Tout le monde apprit alors rapidement la nouvelle, l’héritière royale avait été apporté au roi par la Déesse Isis en personne. Les dieux eux-mêmes semblaient vouloir protéger cette lignée royale.

Fille de Khâba Djin et d’Isis, Sitisis Djin était née et devint la princesse d’Hachram. Tandis que son père s’occupait de convaincre tout le peuple que sa fille était envoyée des Dieux, la princesse se vit confier au clergé. Ce furent donc les prêtres les plus compétents qui s’occupèrent de l’éducation de Sitisis.


II - Petite Enfance :

La vie d’un roi étant remplie de devoirs et d’occupation, Khâba ne pouvait passer beaucoup de temps avec sa fille. Comme ce n’était pas sa mère qui allait le faire, la petite Sitisis dût se contenter des servants royaux. Ceux étaient cependant parmi les plus qualifiés pour ce travail, la jeune princesse ne semblait manquer de rien, elle était bien nourrie, bien habillée et surtout, bien éduquée. La jeune princesse était destinée à de grandes choses et beaucoup de monde comptaient sur elle. Elle apprit donc rapidement à lire et à écrire, à se comporter correctement en public et surtout, elle fut instruite sur l’Ordre d’Isis et sa place dans celui-ci.

Si elle échappait à la colère du peuple envers son père et qu’elle était encore un peu jeune pour s’en rendre compte, Sitisis ne se sentait pas moins exclue. Les autres enfants de son âge n’avaient pas le droit de s’approcher d’elle et sa propre famille n’avait pas le moindre temps à lui consacrer. Elle comprit cependant rapidement qu’il lui suffisait de donner l’ordre à un servant pour avoir quelqu’un avec qui jouer. Il était difficile pour eux de refuser étant donné son statut royal et divin.

Sa jeune enfance fut donc une alternance entre sa vie au temple et les apparitions publiques qui lui étaient imposées. Dès l’âge de 3 ans, elle avait fini par comprendre que sa situation était particulière. Elle avait encore du mal pour comprendre ce qu’était une déesse, mais elle voyait bien qu’elle était la seule à devoir rester à l’abri en permanence. Comme elle ne connaissait rien d’autre et qu’elle était encore bien jeune, la situation ne la déplaisait que lorsqu’elle s’ennuyait, mais l’absence de ses parents à ses côtés lui pesait déjà.

Pendant ce temps-là, le peuple est toujours accablé par le régime de Khâba qui reste malgré tout à l’écoute de sa propre mère. La popularité de Sitisis reste presque aussi basse que son père, peu de monde croit véritablement à la version officielle de la naissance de l’héritière, surtout chez les non-croyants.

III - Premier Professeur :

Lorsqu’elle eut atteint l’âge de 5 ans, elle eut un tuteur officiel d’assigné. Celui-ci était une figure importante dans l’ordre religieux, notamment réputé pour ses qualités de pédagogue dans la force armée religieuse et ses capacités au combat malgré son statut de civil.

Comme la plupart des membres de cette armée, il ne possédait ni terre, ni nom. Sitisis se contentait de l’appeler « tuteur ». Cette personne devint ainsi la personne avec laquelle elle passa la très grande majorité de son temps.

Alors que la plupart des enfants de son âge étaient préoccupés à se faire des amis et à jouer ensemble, notre princesse apprenait les sciences, les arts et surtout, l’étendue complexe des règles religieuses.  Passionnée de musique, elle découvre très jeune que jouer d’un instrument lui permettait de pouvoir se laisser totalement aller dans un domaine. Dans son monde où la retenue est règle, la musique était sa catharsis.

Dans cette famille si particulière, la vie de princesse n’était aucunement une vie simple. La jeune Sitisis n’avait pas à se préoccuper des tâches communes et elle ne soufra pas une seule fois de la faim, mais elle était prisonnière de cette cage dorée. Contrainte d’obéir aveuglément aux ordres de son père, de suivre un entraînement rude et de voir sa vie entière dictée par les règles sociales et les contraintes de sa position, tout ce dont elle rêvait était de devenir libre de ses choix.

Son tuteur lui enseignait tous les jours un large champ de compétences différentes. S’il était incapable de maitriser le flux, cela ne l’empêchait pas de connaître tout ce qu’il y avait à savoir dans le domaine pour enseigner. Comme la plupart des membres de la famille royale, la jeune princesse possédait un talent inné pour la maitrise du flux et elle ne tarda pas à se faire remarquer lorsqu’elle se mit à utiliser des illusions grâce à ses instruments de musique. Même pas âgée d’une dizaine d’années, elle s’amusait à se servir de ces dons à l’encontre des serviteurs de la famille royale. Il était ainsi assez fréquent de tomber sur une servante marcher en rond dans le palais sans en avoir conscience ou tout autre plaisanterie qu’elle pouvait bien imaginer.

IV - Une déesse solitaire :

En grandissant, la princesse comprit très bien la particularité de sa position et les apprentissages religieux avaient également leurs effets sur elle. Destinée à devenir reine d’Hachram et prétendue descendante directe d’Isis, elle fut rapidement convaincue de sa supériorité sur les humains. Ce n’était d’ailleurs pas son tuteur ou tout autre membre de l’ordre religieux qui allait l’en dissuader, le fanatisme était un qualificatif nécessaire pour avoir l’autorisation d’accompagner la princesse.

Avec le temps, Sitisis finit par s’habituer à sa fonction, acceptant sa destinée avec conviction, mais malgré cela, elle ne pouvait approuver sa situation. Son désir d’indépendance ne fit qu’augmenter, mais en temps de guerre, voyager n’était pas une option. De cette contradiction naquit chez elle une frustration qu’elle reporta directement vers son père, le roi Khâba. Ce dernier n’avait jamais su montrer la moindre forme d’affection envers sa fille, ne la traitant qu’en tant que son héritière. Il ne voulait qu’une seule chose d’elle, qu’elle soit en mesure de prendre sa place le moment venu. Ce n’était pas non plus le reste de la famille royale qui allait la soutenir.

N’ayant aucune figure affective à ses côtés, la princesse ressentait un grand vide qu’elle ne pouvait pas comprendre. Elle essaya de combler ce vide en travaillant d’autant plus dur avec ses précepteurs. Ceux-ci, et son tuteur en particulier, ne manquèrent aucunement de respect ou d’attention à son sujet, mais leur foi et leur comportement à l’égard de la princesse ne ressemblaient aucunement à celui de parents. Ce vide empirait également avec le temps, le roi Khâba ne faisant absolument aucun effort pour allier sa politique avec l’institution religieuse que ses prédécesseurs avaient installée. Sitisis qui n’était âgée que d’une dizaine d’années se retrouvait déjà perdue entre les idées de son père et celles de ses précepteurs. N’ayant jamais eu l’occasion de voir librement le monde ou de rencontrer des personnes différentes, elle était contrainte de rester enfermée dans l’illusion qui lui était destinée.


V - Une mort tragique ?

L’automne 2648 marqua un changement important dans la vie de Sitisis, « Tuteur » fut mystérieusement exécuté dans l’enceinte même du Palais Royal. Une enquête prioritaire eut alors lieu pour en découvrir le responsable, mais Khâba était au front et Mainah bint Kalib al-Baghdadi, ou Mainah Djin, la mère du Roi, n’avait plus vraiment son mot à dire à l’intérieur du palais depuis que des soupçons sur sa potentielle implication dans le dernier régicide avaient circulés. Autant dire que comme personne n’était là pour forcer les gardes du palais à enquêter, l’affaire fut rapidement oubliée. Pour la princesse en revanche, l’histoire était tout autre, « Tuteur » avait été la seule personne avec laquelle elle avait pu discuter normalement. Il avait été le seul à en avoir eu l’autorisation et donc, à avoir pu tisser un lien avec la jeune fille. Avec ce lien brisé, son père absent et le personnel craintif d’être potentiellement le suivant, Sitisis se retrouva dans une solitude profonde. Pendant plusieurs semaines, elle n’adressa la parole à personne en restant enfermée dans ses appartements à jouer de la musique ou s’entrainer à maitriser le flux.

Quarante-et-un jours après la mort de « Tuteur », Sitisis, qui était assise sur son lit, entendit quelqu’un frapper à la porte de sa chambre. Elle accourut alors vers celle-ci, sachant qu’il ne pouvait pas s’agir d’un simple serviteur, puisque ceux-ci risqueraient la mort pour un tel acte. Pensant donc avoir affaire à son père venu la consoler après son retour du front, elle ouvrit la porte avec les yeux pleins d’espoir. Devant elle se tenait un parfait inconnu qui, bien que ne pouvant pas la regarder directement dans les yeux, semblait avoir pleinement confiance en lui. L’esprit de déduction de la jeune fille était déjà bien aiguisé et il ne lui fallut pas longtemps en voyant les vêtements religieux de l’inconnu et son comportement pour comprendre qu’il ne pouvait s’agir que de son nouveau tuteur.

- Vous avez trouvé celui qui a tué « Tuteur » ? Demanda Sitisis, qui était bien plus intriguée par l’assassinat que par la reprise de son éducation.

- Effectivement, répondit l’inconnu qui ne perdait pas son aplomb tout en gardant un ton parfaitement respectueux. Vous l’avez en face de vous. Je suis désolé que cette décision vous ait été imposée, mais nous n’avions pas d’autres moyens.

- Vous l’avez tué et vous venez me le confesser personnellement. Vous êtes un individu étrange.

- Ma foi m’interdit de vous mentir et je n’agis qu’en votre intérêt, mon prédécesseur était loin d’être suffisamment qualifié pour l’honneur que vous lui aviez confié. Il s’agissait d’une décision unanime, nous ne pouvions laisser ce civil agir plus longtemps.

- Votre prédécesseur ? Vous insinuez que vous comptez devenir mon nouveau tuteur ?

- C’est exact, je pourrais vous expliquer toute la situation en détail si c’est ce que vous désirez.

- Evidemment, répondit Sitisis qui était toute aussi surprise par cette révélation que par le flegme de l’inconnu. Mais avant tout chose, vous allez m’expliquer qui vous êtes.

Malgré son jeune âge et le fait que personne ne prenait jamais la peine de lui demander son avis, elle savait très bien que seul le roi pouvait s’opposer à ses décisions et que ce dernier n’avait apparemment pas l’intention de revenir. D’un seul signe de la main, elle pouvait faire exécuter n’importe qui sur ces terres. Elle remarqua néanmoins qu’elle était plus vexée par cet assassinat et ces décisions derrière son dos que par la mort de « tuteur » en elle-même.

L’inconnu se présenta alors à la princesse, il se nommait Asmin et se trouvait être un membre plutôt important de l’ordre d’Isis. Son nom résonnait même légèrement dans la mémoire de Sitisis grâce à une bataille qu’il avait mené en compagnie du Roi en personne. Ancien membre de la branche de la protection, il avait travaillé quelque temps dans la branche du savoir avant de quitter la hiérarchie classique en rejoignant un groupuscule extrémiste dont la princesse n’avait jamais entendu parler. Il indiqua que son groupe s’appelait la Main de l’Ordre. Si la jeune fille était intriguée par cette histoire, elle ne pouvait s’empêcher de remarquer l’apparente honnêteté de l’assassin de « tuteur » qui n’hésitait pas à donner des détails incriminants dans un souci de clarté.

VI - La Main de l’Ordre

Si Sitisis resta suspicieuse envers l’assassin, l’absence définitive de « tuteur » et celle, temporaire, de son père risquaient de la faire plonger dans une solitude qu’elle n’arrivait plus à supporter. Elle décida alors d’écouter tout ce qu’il avait à dire. Elle apprit alors que la Main de l’Ordre avait pour objectif final de réduire en esclavage tous les civils et qu’ils étaient justement intervenus auprès d’elle parce que son ancien professeur était un civil et qu’ils n’en supportaient pas l’idée. Si la jeune princesse ne s’était jamais interrogée sur la place des civils dans sa vision du monde, elle fut séduite par cet homme qui la plaçait sur un piédestal tout en étant parfaitement naturel en sa présence. Elle était bien loin de lui faire confiance, mais elle savait qu’elle était toujours en sécurité dans l’enceinte du palais et qu’elle ne risquait pas grand-chose à se laisser prendre au jeu.

Elle rencontra alors petit à petit les membres de la Main de l’Ordre, développant son réseau de connaissance tout en découvrant enfin le plaisir de côtoyer des personnes qui n’étaient pas employées par son père. Son statut de déesse lui conférait toujours un pouvoir absolu, ce qui ne pouvait qu’imposer un rapport de force considérable envers toute personne du royaume, mais les membres de la Main étaient ceux avec qui ce rapport de force était le moins perceptible. Ironiquement, elle se rendait également compte qu’ils étaient également les seuls à se préoccuper sincèrement d’elle. En parallèle de ces rencontres, elle continuait son entrainement régulier avec son nouveau professeur qui lui apprenait à utiliser ses capacités pour le combat sans retenu. Si « tuteur » était un excellent pédagogue qui réussissait à la pousser au progrès continuellement, son enseignement académique était beaucoup moins intéressant.

Avec les années, Sitisis commença à embrasser les idéaux de la Main de l’Ordre. Après tout, si son statut de déesse lui donnait l’autorité sur les humains, il était tout aussi logique que les rêveurs devaient pouvoir en faire de même sur les civils. Sachant qu’il s’agissait d’une position qu’elle ne pouvait se permettre de défendre en public sans s’attirer les foudres des deux tiers de la population du royaume, elle se fit conseiller par ses nouveaux amis.  Progressivement, l’ensemble des civils qui côtoyaient la princesse dans son quotidien fut remplacés. Servants, gardes, cuisiniers, personne n’y échappa, même ceux qui travaillaient là depuis des décennies. Si ces changements restèrent inconnus de la population, cela commença à se faire remarquer par la famille et l’administration royale. Sitisis apprit cela grâce à la Main de l’Ordre et ses servants, mais personne n’osait lui faire de remarque. Elle restait l’héritière du trône et ses actions étaient sans conséquences.

VII - Dîtes Non à la drogue.

Peu après ses seize ans, alors que les effets de l’adolescence et du fanatisme religieux sont à leur paroxysme, Sitisis commença à se lasser de la monotonie de sa vie. Consciente de son statut et du rôle qui l’attendait, elle restait complétement écartée du pouvoir par son père qui l’empêchait de quitter la capitale en dehors des cérémonies religieuses. Désespérément à la recherche de nouveauté, elle essaya une drogue qui commençait à circuler à travers les membres de le Main. Préparée par un alchimiste étranger, elle permettait soi-disant de pouvoir entrer en communication avec les dieux. Si elle doutait de son efficacité, elle restait bien trop tentée par l’idée de pouvoir parler avec sa mère pour refuser. Malheureusement, cette expérience tourna au drame lorsque les hallucinations provoquées la poussa à jouer du violon. La musique fut imprégnée du flux de Sitisis, provoquant des visions horribles à quiconque l’entendait. Lorsque les effets de la drogue se dissipèrent et qu’elle arrêta de jouer, elle réalisa qu’elle avait totalement perdu le contrôle de son corps et que les effets de la musique sur ses serviteurs furent dévastateurs. Sur les trente-sept personnes ayant entendue la musique, cinq d’entre eux furent plongés dans un état végétatif, huit se donnèrent la mort et un se creva les yeux et les oreilles. Les autres furent incapables de décrire ce qu’il s’était passé et personne ne les revu jamais au palais.

Cette affaire fut évidement étouffée au sein du palais, chaque employé fut remplacé. Cependant, l’affaire n’échappa pas aux oreilles des agents de son père. Celui-ci n’intervenait jamais dans la vie de sa fille, mais il ne pouvait pas ignorer ce qu’il venait de se passer. De retour d’un campagne quelques jours après, il vient l’engueuler personnellement et l’ordonne désormais de se faire suivre par des gardes royaux à chacun de ses déplacements en dehors de ses appartements. Consciente que son acte se devait d’avoir des conséquences, Sitisis s’en voulut, non pas d’avoir causé la mort de simples humains, mais de s’être laisser influencée au point d’avoir perdu le contrôle de son propre corps. Le tragique incident fut une révélation pour la princesse, elle se rendit compte que s’amuser à jouer la rebelle n’était pas digne de son statut. Elle était la fille d’Isis, cela ne pouvait pas ne rien signifier, il ne pouvait que s’agir d’une promesse de grandeur. Jouer la gentille princesse n’était donc pas non plus digne d’elle, tout cela se devait de changer.

VIII - Remise en question

Sa première entreprise fut de demander des comptes à la Main de l’Ordre avant d’en prendre le contrôle. Tout cela fut assez compliqué avec la présence constante des gardes royaux, mais elle apprit rapidement à se débrouiller. Elle entreprit alors d’agrandir la Main et de commencer à la changer de l’intérieur. Le problème des civils restait un point important, mais il n’avait rien d’urgent et devait, de toute façon, nécessiter beaucoup de patience pour être résolu. Son problème plus immédiat était désormais d’augmenter le pouvoir politique et militaire de Sitisis. Evidemment, personne ne fut contre ces changements, l’idée d’avoir une reine qui partageait leurs opinions leur suffisait amplement pour obéir.

Elle n’eut ensuite pas besoin de beaucoup de temps pour faire remplacer les gardes royaux par des contacts plus obéissants. Si son père se refusait de la laisser agir à sa guise, il ne pouvait pas faire grand-chose pour l’en empêcher. Il essaya cependant avec insistance de l’en dissuader, ainsi que de menacer ceux qu’elle rencontrait, mais c’était peine perdue, Sitisis avait pris goût aux nouvelles rencontres qu’elle faisait. Ce fut également pendant cette période qu’elle réalisa à quel point les personnes qu’elle avait rencontrées durant son enfance n’étaient pas représentatives de la population du royaume. La plupart se révélait douter du caractère divin du pouvoir royal et surtout, la majorité du peuple détestait Khâba, tout comme ils détestaient Ramsès XVIII, son prédécesseur. Las des mesures liberticides sous couvert d’un prétendu besoin de protection, de la conscription dès le plus jeune âge et des taxes pour l’effort de guerre d’un conflit interminable, la population n’hésitait pas à faire entendre leurs critiques jusque dans la capitale. Elle commença donc à construire les fondations du projet qui lui trottait dans la tête depuis un moment, la conquête du trône. Si son père n’acceptait pas de la voir prendre son indépendance, qu’il ne la soutenait pas dans ses projets et qu’en plus, il était incapable de diriger le royaume correctement, alors il n’avait qu’à lui laisser sa place.

Pendant des mois, Sitisis se mit donc à préparer un coup d’état, l’idée d’enfermer son père comme elle avait vécu son enfance la séduisait grandement. Sa position lui facilitait évidement la tâche, mais les espions du roi étaient nombreux et si la rumeur d’un tel projet se venait à circuler, elle ne doutait à aucun instant que son père fût prêt à l’exécuter. La paranoïa de son père, bien que désormais justifiée, rendait toute action compliquée. La Main de l’Ordre, en pleine restructuration, fut particulièrement réceptive à ce projet et bien que seulement une poignée d’entre eux surent la finalité de celui-ci, tous se mirent en action pour le réaliser.

IX - Pèlerinage à Gizeh

Le projet fut cependant interrompu lors de l’été 2655 après que le roi fut rentré d’une campagne militaire dans l’Est du royaume. La guerre n’était pas terminée, mais les affrontements s’étaient interrompus et Khâba avait bien l’intention d’en profiter pour se reposer. Son retour fut problématique pour la jeune princesse, puisque sa surveillance en était renforcée et qu’il lui était bien plus difficile de se soustraire à l’autorité du Roi lorsque celui-ci n’était pas présent pour donner ses ordres personnellement. De plus, malgré le temps écoulé depuis le dernier incident et le dix-neuvième anniversaire de Sitisis qui approchait, cette dernière était toujours censée être confinée dans l’enceinte du palais. Des semaines passèrent sans qu’elle ne pût continuer de développer son projet, coupée du monde extérieur. Cependant, son anniversaire approchait et avec lui, le pèlerinage annuel jusqu’aux pyramides de Gizeh pour célébrer la crue du Nil. Evènement majeur dans l’Ordre d’Isis, il était impensable pour Sitisis de manquer la cérémonie.

La jeune princesse effectua donc le pèlerinage en compagnie de son père. Ils partirent donc d’Addis-Adeba jusqu’au point de commencement au temple d’Isis de l’île de Philae où les attendaient des milliers de fidèles. Une énorme flotte maritime se constitua alors à travers le Nil pour rejoindre la capitale Egyptienne. Une fois au Caire, une première cérémonie eut lieu avec notamment la présence des branches parallèles de la maison Djin, n’ayant pas accès au pouvoir royal, mais très influentes dans la gouvernance de la province. La grande cérémonie prit alors place avec la grande marche de la capitale vers les pyramides de Gizeh. Sitisis marchait derrière son père et était suivie par la garde personnelle du roi et de la princesse, la famille royale et les quelques centaines de milliers de personnes prenant part à l’évènement.

Alors que la cérémonie se déroulait sans aucun soucis, grâce à la surveillance de l’armée royale présente pour l’occasion, et que Khâba prononçait un des discours sans âme et sans intérêt dont il avait le secret, Sitisis se leva de son siège pour rejoindre son père. Celui-ci lui faisant dos ne la remarqua pas s’approcher, mais une bonne partie du publique était surprise devant un acte qui semblait anodin, mais qui n’était pas censé être autorisé lors de la cérémonie. Khâba n’arrêta son discours que lorsqu’il entendit le bruit de l’épée cérémoniale de Sitisis qui venait de sortir de son fourreau. Se retournant vers sa fille d’un air surpris, il fut immédiatement paralysé par la mélodie sifflée légèrement par la jeune femme. Sans laisser le temps aux gardes ou à la foule de réagir, elle brandit son épée et frappa d’un coup sec au niveau de la gorge de son père lui provoquant une large entaille. De nombreux hurlements se firent alors entendre dans la foule, tandis que Khâba tombait au sol. N’ayant pas eu la force d’atteindre son but dès le premier coup, Sitisis saisit son père par les cheveux avant de frapper à nouveau la gorge, réussissant cette fois-ci à faire céder la tête devant une foule horrifiée.

La plupart des gardes royaux étaient parfaitement loyaux au roi, mais ils étaient presque tous des fanatiques religieux et aucun d’eux ne pouvaient s’autoriser à intervenir dans les actes de Sitisis. Cette dernière était passée dans un état second, la montée d’adrénaline couplée au sentiment de libération fut comme une transe pour elle. Elle saisit alors la tête ensanglantée et la souleva en direction de la foule qui commençait à paniquer. Elle entama alors un long discours, cherchant tout d’abord à apaiser la situation, expliquant que l’exécution était le seul acte sanglant nécessaire. Elle expliqua ensuite qu’elle avait agi pour le bien de tous, qu’elle comprenait que le peuple souhaitait du changement et que c’était dans ses intentions d’en fournir. Elle fit ensuite, devant un public qui semblait avoir reprit son calme, une série de promesse pour l’avenir du royaume, notamment sur l’arrêt de la conscription, de la surveillance de masse, des taxes pour l’effort de guerre et surtout, la promesse de tout mettre en œuvre pour enfin rétablir la paix dans le royaume.

X - Le Roi est mort ! Vive la Reine !

Dans les jours qui suivirent, elle reçut de nombreuses critiques de tout le royaume, certains y voyaient un coup d’état barbare réalisé par une jeune fille inapte et d’autres un signe d’un futur plus glorieux. Si elle y prêtait une attention particulière, elle n’avait pas l’intention de changer de stratégie ou de revenir sur ses promesses. Les critiques les plus négatives furent alors rapidement stoppées lorsque les premières promesses furent respectées. Tout ne fut pas parfait non plus, la diminution brutale des effectifs militaires donna de mauvaises idées à certains territoires indépendants aux frontières qui ne manquèrent pas de grappiller quelques terres.

Les gouverneurs du royaume étaient également assez dérangés de devoir désormais faire affaire avec Sitisis, qui leur était encore inconnue. Elle n’avait jamais eu l’occasion de faire ses preuves et n’avait jamais participé au moindre champ de bataille. Cependant, lorsque la nouvelle Reine leur expliqua la nouvelle liberté d’action qu’ils allaient désormais posséder, rares furent ceux qui continuèrent à protester. Le peule était également très partagé sur son opinion de la Reine. Ils avaient du mal à lui faire confiance pour les mêmes raisons et beaucoup lui reprochaient le régicide, mais d’un autre côté, elle avait commencé à tenir ses engagements et personne n’appréciait vraiment Khâba.

Plus discrètement, Sitisis commença à placer ses amis au pouvoir, remplaçant les hauts fonctionnaires par des connaissances. En même temps, elle organisa un remplacement dans l’armée dans le but de supprimer les civils postés aux plus hauts postes. Ne voulant pas que cette opération soit ébruitée, elle transféra les éléments dérangeant aux fronts désormais sans suffisamment de défense ou tout simplement dans les armées des gouverneurs. Ceux qui refusaient étaient invités à démissionner et chaque démission était rendue publique, accompagnée de propagandes subtiles expliquant en quoi les soldats rêveurs étaient plus fiables.

XI - La Paix mondiale

Il fallut alors attendre jusqu’en 2664 avec l’intervention de la guilde des Archivistes pour qu’enfin, les premières véritables intentions internationales de paix virent le jour. Le Congrès des éminences de Parisis fut une aubaine pour Sitisis qui s’empressa d’y aller persuadée que tout allait bien s’y passer. Avec le « Code de Ban » qui uniformisa les différents accords entre les maisons majeurs et celles mineurs sous leurs ordres et la « paix blanche » officialisant une paix internationale à travers tout l’ancien monde, Sitisis put enfin aller se vanter auprès de son peuple d’avoir remplie chacune des promesses faites neuf années plus tôt.

Durant les deux années qui suivirent, Sitisis adopta un comportement plus calme et se permit enfin de se reposer et de profiter des plaisirs qui accompagnaient son statut de reine. Elle participait à de nombreux évènements religieux et culturels et organisait de somptueuses réceptions dans son palais. Elle finit également par donner à la Main de l’Ordre une position officielle dans la branche de la protection. Agissant officiellement comme les garants de la sécurité des évènements religieux et des lieux de cultes, il s’agissait surtout d’une police politique destinée à surveiller discrètement le royaume. Ils avaient des consignes très strictes pour garantir la confidentialité de leurs missions secrètes, qui incluaient des assassinats, des enlèvements et autres activités susceptibles de lever des suspicions.




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Re: Sitisis Djin

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